mercredi 15 mars 2017

Rayons X ... Être Mère #159

Être mère c'est foncer, tête baissée, à l'aveuglette ... en pleine confiance pour finalement être submergée par la culpabilité ... ce sentiment inhérent, inexorablement, à la maternité ...
Depuis le mois de décembre, alors que l'Homme et moi étions en marché de Noël à Montreux, Pimprenelle a commencé à être sujette à de fortes migraines ... vraiment.
Ma fille n'est pas du genre à se plaindre alors on a pris ces 1ères alertes au sérieux. 
Mi-janvier, on est carrément entré dans une spirale infernale : pas une journée où Pimprenelle ne souffre.
Les migraines se sont rapprochées. Les migraines ont provoqué des nausées. Les migraines ont poussé l'école à me contacter pour la récupérer jusqu'à ce que les migraines la fassent vomir pour de vrai. 

Dès la 1ère fois où l'école nous a appelés, j'étais quasi sûre qu'elle ne couvait rien. Diagnostic confirmé par le généraliste : on parle de migraine. On a alors mis en place un petit protocole : non pas un vrai PAI pour le moment, mais l'équipe pédagogique veut bien sur ordonnance administrer un Advil 200 à Pimprenelle en cas de fortes douleurs. Le but est qu'elle reste en classe, qu'elle ne soit pas obligée de rentrer ... d'autant plus que ce sont des crises journalières. Le médecin traitant nous demande de noter chaque crise et d'essayer d'identifier ce qui les déclenche. 

Il y a un peu plus de deux semaines, alors que l'Homme était en Inde et Bibi en cours, l'école a appelé Mamie Chérie pour récupérer Pimprenelle qui avait vomi. Idem le lendemain matin : maux de tête et vomito !!! 
Ne supportant déjà plus voir ma gamine souffrir, j'avais anticipé et pris un RDV cette fois chez le pédiatre, notre dernier recours. Les nausées de ce début de semaine me confortaient dans cette décision. 
De toute façon, il est hors de question que je gave ma fille d'Advil quotidiennement, obligation de détecter l'origine des maux. Après plusieurs semaines d'observation, on constate que Pimprenelle entre généralement en crise après de longs moments de concentration. Quid de la dyslexie ???

Quand j'ai pris le rdv avec le pédiatre, déjà au téléphone il me parlait de scanner.
Dans son cabinet, il a refait TOUS les examens qu'on avait déjà effectués début janvier lors de la révision annuelle des filles comme je la nomme.
Et là ... un nouvel élément jusqu'à présent non détecté : Pimprenelle aurait une légère myopie ! Coup de bol je n'ai pas annulé le RDV du 27 avril au départ prévu pour Bouchon (pour tout comprendre c'est par ici -> ICI). Quant à la décision finale, notre pédiatre prescrit un scan sur le champ : pour lui on doit absolument vérifier ... 

Et bim, on repart 10 ordonnances et recommandations sous le bras ... je suis sur-stressée de faire passer cet exam à ma fille : juste la peur de découvrir quelques chose de grave ... Pimprenelle angoisse également ... à sa façon ... celle d'une petite fille de 9 ans qui se soucie de la prise de sang et de ce produit qu'on va lui injecter ... enfin c'est ce qu'elle nous dit...

L'Homme pour fêter son retour en France se charge de tout organiser. On obtient un RDV une semaine après. 
Jeudi dernier, je passe une journée atroce rongée par la peur ... Je rentre de cours à 18h et l'Homme repart aussi sec récupérer les résultats à 19h. Il rentre livide, vidé à cause du stress accumulé toute la journée et d'une fausse peur provoquée par le staff de la clinique : pourtant tout va bien ! Le cerveau de notre Pimprenelle n'a rien. Elle nous avoue qu'elle est super soulagée ... elle avait tout enfoui jusque là ... tellement fière d'elle qui avait déjà super bien géré. 

Nous voici donc repartis à 0. Sauf que depuis le scanner, Pimprenelle va déjà un peu mieux. Elle se plaint beaucoup moins. J'avais tout de même pensé à une cause à effet suite à l'annonce de sa dyslexie. Comme par hasard, les symptômes sont arrivés très peu de temps après ... 10 jours ... voire 15. Et puis il y a cette myopie latente ... peut-être que c'est trop dur de regarder le tableau de loin. Bref, je commence à chercher des facteurs déclenchant sans pour autant remettre en cause la radio qu'elle a passée ...

... enfin jusqu'à il y a deux jours ! Après avoir déposé les filles à l'école, je parle longuement avec une copine. Elle me décrit les mêmes symptômes pour sa fille : la douleur, les crises ... Elle est surtout ultra surprise qu'on ait fait de suite un scanner à Pimprenelle alors qu'on lui refuse pour sa fille. Les rayons sont mis en cause, le but est de minimiser l'exposition des enfants. En gros, elle m'explique que c'est super dangereux. Je me liquéfie sur place. Bien évidemment que je connais les effets néfastes des rayons (je sais comment est morte Marie Curie et on me l'a encore répété lors de ma mammo), mais je ne pensais pas qu'ils étaient tels que ça pouvait remettre en cause un seul examen. 
L'Homme de son côté discute avec ma témoin aide-soignante qui lui assène le même discours : tellement surprise qu'on lui ait prescrit un scan si vite !!!

Alors voilà ... moi qui pensais que tout était bien qui finissait bien ... je suis bouffée par la culpabilité d'avoir envoyé sans réfléchir ma fille s'exposer aux rayons X. Est-ce que certains indices auraient fait penser au pédiatre à une tumeur ou un truc sérieux dont il ne m'aurait pas parlé ? 
En tous les cas, je n'ai bien sûr pas été sur le web lire d'horribles articles sur les terribles conséquences des rayons sur la cervelle d'un enfant de 9 ans ! 
Je suis dégoutée. Je me remets en question : ai-je bien fait ? Étions-nous si pressés ? jusqu'à quel point dois-je faire confiance aux médecins ? même ceux que je connais super bien ? dois-je faire mes propres sondages ? appeler mes potes doc ? bref le mal est fait ... tentons de ne voir que le côté positif : nous sommes fixés, Pimprenelle n'a rien. Mais cette satanée culpabilité m'a encore dévastée.

jeudi 2 mars 2017

La mort nomade, le Yeruldelgger de trop ?

Vous croyiez avoir tout lu en terme de polar ? en avoir fait le tour et même les détours ? inspecté les coins et recoins ?
Le genre a l'air pourtant de n'avoir aucune limite, comme un puits sans fond où les auteurs éternellement s'abreuveraient à la fontaine de jouvence de l'intrigue ...
Il est loin le temps où je me délectais à lire des Mary Higgins Clark, la référence du polar de mes années collège ... elle innovait tellement ... cassait les codes des Agatha Christie, Arthur Conan Doyle ou Maurice Leblanc qui m'avaient initiée au genre. 
Depuis, la télé et le ciné ont révolutionné les codes, les nouvelles technologies aussi ... en un coup d'ADN l'histoire est bouclée, il a fallu se creuser pour capter l'audience, maintenir le suspense, faire haleter le lecteur. 
Les nouveaux maîtres du roman policier sont devenus des dieux, répondants à une demande toujours plus croissante, les américains en tête : Harlan Coben, Michael Connely, Patricia Cornwell, Lisa Gardner, James Ellroy ... Les français ne sont pas restés à la traîne : Vargas, Bussi, Chattam ... Les pays nordiques ont apporté une vague de fraîcheur : Jo Nesbo, Camilla Läckberg, Stieg Larsson ... soit ... j'ai en fait été victime d'une indigestion, d'une lassitude où la surenchère devenait monotone. 

Pourtant il y a un an et demi, ma mère nous claquait entre les mains : Yeruldelgger ... la claque on l'a aussi eue en pleine face ! Ouah mais oui quoi ! 
On tombe des nues (spéciale dédicace à ma copine romancière de thriller Anna qui comprendra) ... embaumés par une bouffée de carbone, de crimes violents et nauséabonds jusqu'aux bas fonds d'Oulan Bator ... une autre bouffée de grands espaces sur fond de nomadisme ! 
Addiction dès la première page.

Qu'est-ce qui fait que la mayo prend si bien ? 
L'intrigue ? ... non pas vraiment ... oui forcément mais en fait ce n'est pas ce qui fait que Yeruldelgger est différent. C'est pour ma part une recette parfaite en 4 étapes :
- 1ère chose, le lieu ... on est en Mongolie ... j'ai beau être subjuguée par ce pays, avoir été traumatisée par le doc Nomad's land de Samuel Le Bihan ... c'est tout de même atypique d'être témoin des pires crimes dégueulasses dans un pays qui semble si paisible pour les néophytes. On découvre la Mongolie toutes facettes confondues. 
- 2ème point, c'est bien sûr le rythme : on est dans le bain ... de sang dès le 1er chapitre ... du trash justifié et efficace. 
- 3ème élément : Yeruldelgger LE personnage, THE flic de la steppe et ainsi que sa clique d'acolytes. Un personnage principal bien trempé, crédible, surprenant et roublard. Les protagonistes secondaires, attachants, pas gnangnans ... essentiels et bien campés.
- 4ème ingrédient et pas des moindres : le style ... littéraire ... bluffant ... coup de foudre pour la plume.
Ne prenez pas en compte la hiérarchie de cette énumération ... c'est l'équation parfaite des 4 qui fait que Yeruldelgger est Yeruldelgger !!! 
Je ne vous ferai pas le pitch, vous le trouverez partout sur la toile ... je ne serai que la messagère de mon enthousiasme pour ce 1er volet exceptionnel qui m'a réconciliée avec le roman policier ...

Idem pour le n°2 ... parce que l'auteur Ian Manook a eu la bonne idée de récidiver ... et son éditeur très bon marketeur de publier à la fin du 1er livre le premier chapitre de la suite ... juste insupportable ... dans la minute on est chez le libraire pour acquérir en pleine phase de manque Les temps sauvages
Re-belotte, la potion fait effet ... envoûtée je resterai par les steppes mongoles, le génie de Yeruldelgger et la plume de Manook.

Et le n°3, ça donne quoi ?
Vous pensez bien que lorsque sous le sapin j'ai découvert le number three : La mort nomade, j'ai manqué l'apoplexie ! Il fait bon croire au père-noël finalement : j'étais comblée. 
Patatra. Je vis la claque en reverse ... le rythme si soutenu : évaporé, perdu à jamais dans les grands espaces. Yeruldelgger est devenu la caricature de lui-même, risible ... il s'égare aussi ... de personnage principal il devient figurant (est-ce voulu ?). 
Je commence à mordre un tantinet aux 2/3 du bouquin ... mordre sans me faire vraiment mal ... une petite piqûre de rappel ... comme pour me remémorer l'ancien Yeruldelgger, celui des 2 premiers ouvrages.

Je vais me permettre une critique que j'évite habituellement car moi-même incapable du 10ème, du 100ème du talent d'un auteur ... cependant un ressenti incompressible au fil de ma lecture : où est le style ??? l'écriture semble si facile puisant dans les réflexes naturels et primaires qu'a chacun de nous quand il rédige. 
Une triste sensation de lire une espèce d'ersatz de Manook, sans délectation aucune, sans m'arrêter une seule fois sur la beauté d'une phrase, d'un chapitre, de celle où la pause s'impose juste pour déguster, que ce soit du domaine de la violence ou de la contemplation.
Une seule compensation ... j'ai vu comme émerger un virage ... une autre façon d'aborder le polar dans le traitement de nouveaux personnages anglo-saxons ... aux traits grossis ... un autre ton plus léger ... serait-ce le présage d'une nouvelle direction ... assez sympathique certes ... mais justement si semblables aux policiers qui m'ont soigneusement lassée ... je reste dubitative.

Conclusion qui me navre tellement : on oublie La mort nomade, comme une erreur de parcours ... l'intrigue ne vaut pas le détour ... les personnages sont fadasses ... un manque de rythme certain ... une plume qui a bavé ... 
Je suis restée sur ma faim ... non pas comme on l'est à la fin des 2 premiers par manque avéré ... juste déconcerté car je n'ai jamais vibré !
Ne me reste qu'une supposition, est-ce simplement dû au fait que je me sois moi-même lassée ? blasée ? malheureusement j'en suis sceptique ... quelques échos semblent similaires.
Si vous avez déjà lu les 2 premiers, la curiosité vous poussera au 3ème et ce ne sera pas un drame ... pour ceux qui ne connaîtraient pas le plus grand flic Mongole ... surtout n'attaquez pas par le dernier ... savourez les 2 premiers volets !