mercredi 7 janvier 2015

Etre Mère #125 ... ne pas savoir quoi leur dire ...

Je ne pensais pas en ce rendez-vous hebdo pour mon retour devoir écrire devant l'écran qui se brouille, avec les larmes aux yeux et les doigts tremblants ...

Aujourd'hui je devais vous parler de retrouvailles avec mes gosses après un mois et demie de séparation ou encore de rdv chez l'ORL ... des sujets "bateau" familiaux ... mais jamais ... oh grand jamais ... comme nous tous ... je n'aurais imaginé que l'horreur nous rattrape ... et nous anéantisse !
Aujourd'hui je n'ai pas su quoi dire à Pimprenelle devant les infos ... muette je suis restée ...
D'une j'étais en état de choc incapable de prononcer un mot ... de deux, comment expliquer de tels actes à une enfant de 7 ans ?
Suis-je irresponsable de l'avoir laissée devant la TV avec nous ? Suis-je nulle de ne pas avoir tenter une explication quand elle est partie dans un délire, son propre délire "maman, les messieurs ils ont mis le feu et ont voulu voler dans les appartements ?" ...

Je n'ai rien répondu ... parfois je minimise, je fais diversion, je suis capable de zapper pour ne pas imposer à mes gamines des images d'un autre âge, celles de guerre, de rapts, d'incendies et j'en passe ... mais aujourd'hui je n'ai pas réussi.

Certes ce qui s'est passé au QG de Charlie Hebdo nous a tous touchés dans notre chair, tout comme les crimes abjects de Merha car ils ont eu lieu chez nous, sur notre sol ! Mais cela ne veut pas dire que nos vies sont plus importantes que celles de syriens, de chinois ou de colombiens.
Alors qu'est-ce qui fait la différence ? Pourquoi ai-je été si meurtrie par l'attentat contre Charlie Hebdo ? Pourquoi ai-je envie de pleurer comme jamais ? Pourquoi je n'arrive pas à trouver les mots pour éclairer ma Pimprenelle ? 

Tout d'abord, attaquer la presse satirique est un symbole qui atteint le fondement de notre pays et sa liberté d'expression. On en est fier. C'est ce qui fait que la France est une grande démocratie. Deuxièmement, je n'oublie pas ces années où j'ai eu ma carte de presse. Évidemment, je n'ai jamais mis en péril ma vie pour couvrir des événements ... ceci étant, j'étais fière de cette carte, fière de défendre l'information et surtout, de ne jamais me laisser dicter ce que j'avais à dire même si certaines vérités déplaisaient. 
Être libre d'informer.
Enfin, pourquoi être tétanisée face à ma fille ? Tout simplement par peur, par inquiétude ... que lui lègue-t-on ? Quelle est cette époque que je ne reconnais plus ? Ce temps où l'on peut cracher sur l'autre, sur sa différence parce qu'il est homo, noir, juif, musulman, gros, riche ou pauvre ? 
Quand je pense que ces mecs, qui se sont fait buter, étaient les premiers à défendre la cause humaine, les premiers à se battre contre les extrémistes franco-français stigmatisant les musulmans, les immigrés, les homos ... c'est juste une ironie abominable ...
Quand je pense qu'à cause de 3 fanatiques les tensions vont exploser entre les communautés, je suis écoeurée.
Être mère, oui, c'est avoir peur de l'héritage qu'on laisse à nos enfants ...

Des dessins affluent du monde entier en soutien ... quand la caricature a réponse au pire

par le danois Niels Bo Bojesen

du caricaturiste algérien Dilem
 by Castelbajac
du néerlandais Joep Bertrams
Du caricaturiste chilien Oleismos
by Zep
de l'australien David Pope
dans le New-Yorker

byHervé Pinel dessinateur régulier au JDD

by Stéphane, internaute de 20mn
by Bojesen

by Malaimagen
comme une mauvaise prédiction ... by Charb
Ils ont lutté grâce à leur plume et je pense aussi profondément à toutes les autres victimes anonymes et leurs familles.

3 commentaires:

  1. Tu as tellement raison: quel héritage pour nos enfants? Mon coeur saigne, mais tous ensemble, nous sommes des Charlie, ne l'oublions pas...

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  2. J'ai la chance de ne pas avoir pleuré aujourd'hui... Au début des infos, ce midi, Meije était avec moi, elle n'a pas écouté, pas capté, elle avait envie d'aller jouer dehors, je n'ai donc rien eu à lui expliquer...
    Et puis ce soir, nous avons décidé de descendre au rassemblement à Ajaccio et de les déposer chez la nounou. À ce moment-là, je lui ai expliqué pourquoi, pour une fois, nous sortions sans eux, avec mes mots, avec ses mots. Je lui ai aussi dit qu'elle pourrait nous poser toutes les questions qu'elle voudrait.

    Mais je suis comme toi: quel héritage allons-nous leur laisser ? J'ai également très peur des amalgames...

    Bises

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  3. J'avais fait un être mère qui n'a rien à voir, sur RIE et éduquer sans punir...http://www.petits-diables.com/article-l-education-respectueuse-rie-ni-permissive-ni-laxiste-bien-au-contraire-125331325.html

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