vendredi 28 février 2014

Paul Auster où es-tu passé ?

Sous le sapin cette année j'ai découvert un petit paquet avec écrit mon nom en lettres manuscrites ... dans ce petit paquet se trouvait Sunset Park, le dernier livre de Paul Auster paru en version poche.

J'étais heureuse, j'avais hâte.

Je l'avais quitté il y a plus d'une bonne dizaine d'années après m'être engloutie une bonne partie de son oeuvre frénétiquement ! C'est tout moi, quand je découvre un auteur je dévore ! J'ai eu ma période Kundera, puis Pennac, puis Extebarria, puis ... Auster ... etc. 

J'étais impatiente de revoir ce vieil ami qui m'avait si bien tenu compagnie sur mes longs trajets des lignes 3 et 9 jusqu'à ma destination finale : la fac de Jussieu ! 

Le premier chapitre m'a mise en confiance, je retrouvais son style en découvrant la vie si particulière de Miles, le dénominateur commun de tous les personnages du bouquin. Des parcours cassés, atypiques, c'est sa spécialité à Auster ! Il est le pro des romans "chorale" où tous les protagonistes se croisent et se retrouvent par un moyen ou un autre impliqués dans une même histoire.

Miles après un drame familial traumatisant : la mort de son frère dont il porte la culpabilité a fini par s'enfuir de chez lui, son New York natal, a abandonné ses études brillantes, ses parents qu'il a entendus au détour d'une conversation douter de lui ! Ils sont LA cause de sa fuite. 
On est de suite happé par les aventures du personnage principal qui nous dévoilent petit à petit son passé, sa famille ... petit à petit, l'auteur nous fait aussi le portrait des personnages secondaires, ces électrons de Miles qu'il retrouvera à son retour à Big Apple dans ce squatte qu'est Sunset Park.
Auster dans les pommes ! (je n'avais pas de choux désolée ...)

Et là comment vous  dire que tout retombe comme un soufflé qui n'aurait pas pris ?
Passé les 2-3 premiers chapitres on s'ennuie. Je suis même tristement surprise de constater que l'écriture n'est pas terrible au point de me demander si la traduction en est la cause. Je me ressaisi et me demande même intérieurement °°°qui suis-je pour critiquer Paul Auster ?°°°. Mais l'ennui seul me confortera dans l'idée que je suis devant un roman où les personnages censés être flamboyants ne sont qu'une ombre de caractères bien trempés, un ersatz de tempéraments. On ne s'attache que très peu à eux finalement, un léger regard tendre à la limite. En fait ils sont juste inintéressants malgré ce que veut nous laisser croire l'écrivain. Pire que tout, la trame est prévisible. Certes le lecteur peut anticiper une histoire mais au moins que l'écriture la sauve ! 

Bref, vous l'aurez compris j'ai été déçue, triste d'être déçue ! 

Est-ce moi qui ai vieilli et qui ne suis plus réceptive à ses romans, est-ce lui qui a vieilli, sa plume en prenant un sacré coup ? 
Vais-je avoir le courage de relire ses oeuvres d'antan pour tenter une réconciliation ? Je ne crois pas tellement je suis restée sur ma faim impatiente de me plonger dans un nouvel univers. L'Homme est dans sa période Douglas Kennedy et empile tous ceux qu'il a lus sur ma table de nuit ... n'ayons crainte je vais le suivre dans sa frénésie !
A l'époque où je le lisais en anglais en allant à la fac en cours ... d'anglais ! Celui là je l'avais adoré ! 

mercredi 26 février 2014

Etre Mère #96 ... prendre son abonnement aux urgences !

Ce qui est bien avec les gosses c'est qu'ils n'hésitent pas donner du leur pour alimenter tes "Être Mère" ! A chaque fois on se demande ce qu'on va bien pouvoir raconter ... mais que suis-je bête ??? Ils ne prennent jamais de vacances les affreux !!!

Est-ce que je donne l'impression de m'ennuyer ? ou bien de ne pas en faire assez pour que Pimprenelle m'assure régulièrement un séjour aux urgences ??? Ah non c'est vrai il y a le père aussi ! 
Après son séjour la veille des vacances de la Toussaint où Pimprenelle s'était luxé le coude ... souvenez-vous ici ... il y a 2 semaines c'est l'Homme que j'accompagnais après s'être planté une tonne d'aiguilles de cactus dans le pouce (beurk ... dégueu) ... et re-belotte vendredi avec Pimprenelle encore et toujours ! 

Coup de téléphone de l'instite sur les coups de 15h30 : "allooo ??? oui ??? Mme Babidji ? oui ??? comment vous dire ... hmm hmmmm ... Pimprenelle est tombée sur le rebord de la fenêtre pendant la récré ... très fort ... on craint qu'elle se soit cassé le nez ... ça a saigné ... vous pouvez venir la chercher ???"
J'ai le coeur qui bât la chamade ... je m'attends au pire ...

Et je récupère ma Pimprenelle en état de choc, toute flippée ... tu m'étonnes ! quand je vois sa tête moi aussi je suis traumatisée ! 
Direction les urgences ... one more time ... coup de bol on tombe à la bonne heure ... 3/4 h plus tard on est dehors : pas de nez cassé juste un énorme hématome ! 
Depuis l'Homme l'appelle "Elephant Man" (clin d'oeil au Bad father de Petit Diable et Foxy Mama) ... Depuis ma fille passe par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel : jaune, bleu, vert, violet pour terminer en beauté avec un joli noir qui se déplace sous les yeux ! 

Je n'ose même plus me promener dans la rue avec elle ... flippée qu'on m'interpelle pour maltraitance ! Les gens la regardent puis me dévisagent comme si tout était de ma faute ... noooooooon ! 
Cette semaine retrouvez les Etre Mère chez Emma June pour sa première participation ! mais aussi chez Linosqui avec son grand retour, Thalie et son grand qui devient ado ouïe ouïe ouïe, Catwoman, Môman Imparfaite et son incroyable démonstration à déchiffrer !, Nana qui nous contamine de bonheur avec ses photos incroyables, la Mère Lacunaire et chez Aggie !!!

mercredi 19 février 2014

Etre Mère #95 ... il est beau le lavabo !

Être Mère c'est sacrifier le design de sa salle de bain ! 
Déjà qu'on doit faire cohabiter la douche italienne avec des canards en mousse ... mais quand vient l'hiver c'est carrément l'anéantissement total de ce qui reste de joli dans ma salle d'eau ! 
Ils se propagent et se reproduisent à une vitesse infernale, ils viennent envahir le bord de mes magnifiques lavabos ... ces affreux médocs qui se greffent à mon sublime parfum et moins sublimes verres à dents ! 

Bref, on s'en passerait bien ... car franchement on les enchaîne les maladies : gastro, otite, angine blanche, rhino ... 
Hier soir c'est même un lapin albinos que nous avons récupéré à la sortie de l'école : un Bouchon arborant une ravissante conjonctivite ... 
Je ne peux même pas dire que c'est à cause de l'hiver ... depuis début janvier on enchaîne des journées plus printanières les unes que les autres, à croire que c'est justement un bon coup de froid qu'il nous manque pour tuer ces satanés microbes ! 

Cette semaine retrouvez les Etre Mère chez Môman Imparfaite et ses nerfs mis à rude épreuve par un ... gamin coquin ! Chez Petits Diables qui pointe du doigt ces ressemblances que nous avons ... ou pas ... avec nos enfants ! Super intéressant ... qu'ont-ils pris de nous ... ou pas ? Chez Mél de quoi je me Mél qui a dû s'infiltrer dans notre salon pour rédiger un post pareil ! On vit la même chose qu'elle à savoir que mater les JO avec des gosses et ben tu peux ooublier !!! Chez Petite Fée dont la raison l'emporte certainement sur l'envie d'avoir un 4ème enfant. Chez Mama Chouch qui comprend si bien les parents des enfants qu'elle garde et, Maman Poupoune a eu LA révélation, on peut le dire ! Merci la maternité !!!

dimanche 16 février 2014

Le look de la semaine #7 ... tout en couleurs

Je l'adoooore cette jupe ... je l'avais achetée à Pimprenelle et je suis trop heureuse de pouvoir la remettre à Bouchon  ! Mon garçon manqué aime quand même porter des froufrous ... par contre faut pas compter sur elle pour rester impec bien longtemps ... les pulsions enfantines prennent vite le dessus : se traîner par terre, enlever le gilet ou se débrailler complètement ! 
J'ai beau aimer moi aussi les petites choses douces et jolies ... je privilégie toujours les matières pour que ce soit fonctionnel et confortable, la jupe est en coton style t-shirt épais avec taille élastique ! 
Un petit oiseau pendouille sur une médaille en tissu : c'est LE détail qui m'a fait craquer ! 
Sous-pull à collerette corail Styleco, gilet DPAM, collants Cadet Roussel et jupe Catimini
Petites couettes et mini barrette pour une frimousse de chipie

mercredi 12 février 2014

Etre Mère #94 ... les quoi ? ... les couches ? ... mais qu'èsse sssé ???

Etre Mère c'est dire adieu DEFINITIVEMENT aux couches !


Ma fille embraye ... après avoir vendu le plan à langer, la poussette, le lit bébé et donner des monticules de fringues ... ma fille me rejoint dans ma folie ravageuse de passer le cap, de tourner la page bébé en arrêtant une fois pour toute de porter des couches !
Je n'en reviens pas tellement cette nouvelle étape a été facile, naturelle, évidente ! Bien sûr que Bouchon est propre le jour depuis l'été dernier ... et pas sans difficulté ... souvenez-vous c'est Super Petit Lapin qui nous a sauvés ! Mais pour la nuit ouah c'est passé comme une lettre à la poste ... c'est fini et puis voilà on oublie ! Mon porte-monnaie respire aussi !!!
J'ai donc eu 2 filles et 2 profils opposés : la première a été propre le jour super rapidement et facilement ... mais on a galéré jusqu'à ses 4 ans passés pour supprimer les couches la nuit ! La deuxième nous a fait tout l'inverse alors que je me préparais à devoir encore utiliser de subterfuges plus malins les uns que les autres !
C'est dingue comme on vit sereinement certaines pages qui se tournent ... comme on oublie vite ses pyramides nauséabondes qui embaument la maison ... comme on zappe un rayon de supermarché comme si il n'avait jamais existé.
Je suis une mère libérée et ... soulagée ! Je vois s'éloigner petit à petit ces posts signés "mère de petit bébé" ... 

vendredi 7 février 2014

La mère qui cherchait un taf : la bonne blague !


Au départ j’ai mis ça sur le compte des hormones puisqu’on m’avait réduite à mon seul et unique statut de femme, dans tout ce qu’il implique. Je parle notamment de mon rôle de mère, qui primerait sur celui du père, qui m’enfermerait dans un carcan,  finalement incompatible avec le sérieux des fonctions qui m’était demandé. J’ai bien essayé d’oublier cet entretien minable, non non, pas ma prestation, mais les questions surréalistes, archaïques, littéralement anachroniques de mon interlocuteur.
 
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Pourtant les hormones n’y étaient pour rien en ce malaise qui me poursuit depuis septembre dernier. Ce malaise teinté d’une animosité certaine me laisse un goût amer. J’ai l’esprit parasité, dans l’impossibilité de m’en défaire, un peu comme une étiquette qui gratte, un gravier au fond de la godasse … Ca m’agace, ça me tracasse. 
Ce n’est pas ça, en fait ça me révolte. Ca me ronge de l’intérieur. Je suis blessée. Je ne veux plus qu’on me jette en pleine face ma condition de femme, comme un poids susceptible de faire pencher la balance en un sens ou l’autre.

En septembre dernier, je suis convoquée au sein d’une collectivité locale, une communauté de communes de mon département plus exactement, pour un remplacement maternité de 7 mois. Au départ je suis flattée, super motivée, puisque sélectionnée parmi plus de 180 CV pour un entretien d’embauche. Après avoir pris le large pendant plusieurs années, après avoir pris mes distances avec les métiers de la communication pour fonder une famille, je suis soulagée de constater que mon CV est viable sur un marché de l’emploi complètement saturé. Les Pyrénées-Orientales enregistrent le plus gros taux de chômage en France.
Afin de départager les derniers en lice, nous avons une épreuve écrite le matin et un oral l’après-midi. J’avoue, je n’ai pas été spécialement brillante à l’écrit. Je ne me suis pas assez projetée dans l’univers de la fonction publique, je n’ai certainement pas répondu à leurs attentes et ai même pu avoir des lacunes dans ce qui m’était demandé, je n’en sais trop rien.
En revanche ce que je sais, et trop bien, c’est qu’en face de moi, j’ai un quinqua à l’air plutôt sympa d’extérieur mais complètement arriéré de l’intérieur. Le jury se constitue de la jeune femme à remplacer, enceinte jusqu’au cou, de sa supérieure la chargée de com' et, de leur chef de service, le big boss, l’homme, la testostérone à l’état pur.
copyright Digital Vision
merci les banques d'image pour vos représentations si loin de la réalité ...

Après m’être présentée, avoir argumenté certains choix rédactionnels des épreuves du matin,  je l’entends commencer sa phrase : « alors Madame, si je comprends bien vous avez deux enfants en bas âge … ». Intérieurement je me dis que ce n’est pas possible … non ... pas en 2013 … je me pince … m’attends au pire … je me remémore les paroles de ma meilleure amie, nommée à la direction financière d’une filiale d’une grosse boîte française : « tu verras maintenant les recruteurs n’attaquent plus sur la maternité, ils ne m’ont rien demandé sur mes 2 gamins ». Il faut croire que non. Il faut croire que la tendance n’a pas voulu migrer vers le Sud, que le voyage Paris-Perpignan était décidément trop long !
A l’homme d’enchaîner le plus sérieusement du monde : « comme vous pouvez le constater, il y a beaucoup de femmes dans mon service et pfffffff dès qu’un enfant est malade elles sont absentes » (le pffffffff lui fait perdre à l’instant T toute crédibilité).
Les bras m’en tombent. Je crois rêver en plein jour. Je me mords l’intérieur de la joue. J’ai envie de me retourner pour vérifier qu’il ne s’adresse pas à une autre … non … personne derrière moi … je l’aurais vue … je suis bien la cible de ses propos … ma condition de mère propulse cet entretien dans une discussion surréaliste.

C’est plus fort que moi, je réponds du tac au tac « Monsieur, vous savez dans un couple on est deux. Mon mari change les couches, s’occupe des enfants. Si vous voulez je vous le présenterai ». Je signe à cette phrase même la fin d’un ultime espoir, celui d’être embauchée. Je perçois le sourire en coin de la femme à remplacer. Un sourire qui signifie certainement « tu es finie », mais j’y vois aussi une satisfaction personnelle de voir son patron remis en place. Je mate son ventre rond et ne peux esquiver un « ma pauvre »  intérieur.
Après un ou deux échanges supplémentaires que je veux assez légers, malgré ma réponse sans doute perçue comme insolente, je prends le parti de sauver les meubles. Il veut être rassuré, je vais le rassurer … à moi d’ajouter : « j’ai toujours eu des métiers avec des horaires atypiques, je sais m’organiser ». Je lui donne en exemple mes années radiophoniques, les fois où j’allais le soir au stade interviewer les joueurs de l’équipe de rugby de Perpignan, malgré les réveils très matinaux pour assurer les flashs infos. A la simple évocation du mot « rugby », je vois son œil friser, la testostérone refait surface. Je suis décidément face à une caricature. Il m’interroge sur les radios pour lesquelles j’ai bossé. Je le sens toutefois encore dans l’attente d’avoir une vraie réponse concrète. Un truc qui le soulagerait définitivement. J’abdique, je m’en veux, je mets un pied dans ma vie privée et lui balance faiblement : « ma mère est présente pour garder mes enfants si besoin ». J’espère mettre un point final à cette conversation qui s’éternise et revenir à ce qui devait être un entretien d’embauche. L’homme par un assaut final me demande « et elle habite où votre mère ? ». J’ai les tympans en surchauffe. Je me déteste … je lui ai répondu.

De quel droit un potentiel employeur peut s’immiscer dans notre vie privée ? Aurait-il posé les mêmes questions à un homme ? Évidemment non puisque ce sont bien les femmes de son service les causes de sa perte !!!

Ce directeur était d’un pathétique affligeant. Il n’avait de directeur que l’impression d’une fonction sur sa carte de visite, en aucun cas le charisme d’un manager compétent.
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Aujourd’hui j’ai 34 ans et 2 enfants. Je suis la même qu’il y a 7 ans avec un peu plus d’expérience mais des gosses qui semblent effacer d’un coup de gomme l’intégralité de mon CV. A croire que si j’y avais stipulé « 2 enfants » comme au bon vieux temps, je n’aurais pas été convoquée.
Najat Vallaud Belkacem veut réformer le congé parental pour le retour plus rapide des femmes au travail. La gangrène vient du haut. Ce sont les mentalités de ces chefaillons du siècle dernier qu’il faut changer. Je peux vous assurer qu’essuyer plusieurs fois ce genre de comportement vous vaccinerait à jamais de chercher du boulot.

C’est le genre de type qu’on rêverait de poursuivre pour discrimination. Je ne peux m’empêcher de penser aux minorités ethniques, aux handicapés, et aux jeunes femmes qu’on va hésiter à embaucher : celles qui n’ont pas encore d’enfants, celles qui risquent de leur planter un congé mat. à ces pauvres  recruteurs qui ont trop vite oublié d’où ils sortent, de leur mère justement !

Un autre directeur m’a tout de même réconciliée avec le monde du travail quelques semaines plus tard. En entretien, il m’a simplement demandé si j’avais des contraintes personnelles. Une seule question, simple, non intrusive, qu’on imagine être également posée à un candidat homme. En répondant tout simplement non, c’est comme signer un accord tacite oral qui signifierait « je suis sérieuse et organisée », un point c’est tout. Je n'ai pas été choisie, convaincue que je ne répondais pas au profil recherché, aucune ambiguité alors qu'elle subsiste pour l'autre job. 

Je passe pour une féministe hystérique. Je ne défends pourtant que le droit des femmes. Je pense à Nathalie Kosciusko-Morizet quand elle a remis en place le journaliste l’interrogeant sur sa coupe de cheveux. Je pense à Anne Hidalgo qui s’étonnait, dans un sujet d’Envoyé Spécial la semaine passée, qu’on ne demande pas aux politiques hommes si ils connaissaient le nom des joueurs de foot de telle ou telle équipe. Nous sommes éternellement confrontées à des clichés, des clivages qui nous poursuivent, qui nous empêchent d’avancer. Nous nous fatiguons à sans cesse nous justifier, une énergie qui serait tellement plus utile dans d’autres combats, pour dynamiser notre économie … par exemple … 

Cette semaine madmoiZelle.com a diffusé un court métrage tellement significatif ... où les rôles sont inversés ... je n'y prends même pas plaisir à imaginer les hommes vivre notre quotidien si violent ... juste l'espoir de leur ouvrir les yeux ! Merci Elénore Pourriat, la réalisatrice, pour ce court "Majorité Opprimée" qui je l'espère sera fédérateur ! Mon pathétique entretien d'embauche s'inscrit inexorablement dans la mouvance ... malheureusement ... 

jeudi 6 février 2014

Jack et la mécanique du coeur ... à couper le souffle

Hier après-midi j'ai pris une claque, j'ai subi un choc visuel, émotionnel et sensoriel ... hier après-midi j'ai été voir Jack et la mécanique du coeur.
Jamais je n'aurais pu imaginer ce qui m'attendait en pénétrant dans cette salle obscure accompagnée de ma Pimprenelle. L'histoire je la connaissais ... enfin presque ... j'écoute en boucle l'album acheté à sa sortie en 2007 ! 
Dès les premières secondes on ne peut être que happé par la beauté du graphisme, par l'atmosphère incroyable qu'il s'en dégage ... on a froid ... on est transi ... on sent l'air glacial pénétrer nos poumons car, oui, il s'agit bien de l'histoire de ce petit Jack né le jour le plus froid du monde ! Son coeur en est gelé ... Madeleine la sage-femme le remplace par une horloge à coucou pour le sauver ... 
A cet instant je sens que le film va être très très long pour ma Pimprenelle à la sensibilité exacerbée ... du haut de ses 6 ans pas facile de voir tous les détails incroyables qui nous tirent un ou deux sourires malgré la tension de la scène. Pimprenelle le vit au premier degré ... elle commence à se cacher ... une larme commence à perler ... des centaines d'autres suivront ... 

A mes yeux, je suis devant un chef d'oeuvre graphique, narratif et musical. L'image ne fait pas dans la demie mesure. Pas de tralala. Le spectateur n'est ni épargné par la noirceur de l'histoire, ni par la beauté et l'humanité des personnages dans tout ce qu'elle apporte de sombre ou lumineux. Les adultes seront émerveillés devant la multitude de références culturelles et historiques ... plusieurs visionnages seront nécessaires pour tous les percevoir à mon avis. J'ai conscience que d'autres y verront du Burton, peut-être même en moins bon, ceci étant je vis le film sans m'encombrer de références, je le vis  à multiples reprises en apnée devant les difficultés de Jack à respecter les 3 principes de base à sa survie : maîtriser sa colère, ne pas toucher les aiguilles de son coeur et ne pas tomber amoureux. Vous comprendrez que le défi est insurmontable lorsqu'il rencontre Miss Acacia. 
 Pimprenelle comprend ce qu'elle peut mais reste néanmoins subjuguée par la force des images qui défilent devant elle. Elle passera une des premières scènes la tête enfouie contre moi ... j'avoue que le voyage en train de Jack poursuivi par l'Eventreur est réellement impressionnante.

Les thèmes abordés par Jack et la mécanique du coeur sont complexes pour les petits : l'exclusion, l'intolérance, la mort, l'amour ... Je sais ce qui m'attend à la sortie : devoir donner des explications audibles par une fillette de 6 ans ... et pas n'importe laquelle ... la mienne ... la seule à avoir sangloté la moitié du temps. Je pense en effet qu'un enfant plus âgé sera plus réceptif, plus apte à supporter la violence, pas la visuelle spécialement, mais d'autres comme l'abandon d'un enfant, la séparation etc. 
Quant à l'allégorie finale ... ouah ... que dire sans lui mentir ? 
Je n'ai qu'une explication "à quoi bon vivre sans amour ???". 
 °°° ma Chérie tu as 3 heures et je ramasse les copies °°°
J'attends à ce que dans les prochains jours elle me harcèle encore et toujours de questions ... ce film est un éveil, une ouverture, soit un peu brutale pour les plus jeunes, mais une ouverture quand même sur la vie ... Elle a voulu écouter le CD à peine étions-nous rentrées ... rassurez-vous, Jack et la mécanique du coeur ne traumatise pas les gamins ! 
 Les personnages principaux se sont eux : Mathias Malzieu, (le leader emblématique du groupe Dyonisos, auteur, compositeur de la musique et du film) dans le rôle de Jack, et Olivia Ruiz dans le rôle de Miss Acacia. Mathias Malzieu l'a lui même dit : sans son histoire d'amour avec Olivia Ruiz la Mécanique du coeur n'aurait jamais existé. Je ne sais pas si la leur s'est mal fini comme nous l'a tant chanté Catherine Ringer ... en tous les cas merci à eux de nous l'avoir fait partager, d'avoir été le berceau d'un tel bonheur cinématographique.
Jack et la mécanique du coeur, c'est aussi une affiche d'artistes plus incroyables les uns que les autres : Jean Rochefort, Grand Corps Malade, Arthur H., Emily Loizeau, Alain Bashung, Rossy de Palma, Babet la violoniste de Dyonisos, Dani ou encore Cali que j'ai reconnu à ses premières paroles malgré des apparitions plus confidentielles. 
Je peux dire que la plupart de ces artistes m'ont accompagnée lors de mes débuts en radio. Tout a commencé avec Cali. La radio pour laquelle je bossais à l'époque a été la première à le diffuser ... s'en est suivi des interviews avec son pote Mathias Malzieu qui émergeait au sein de Dyonisos au son du mythique "Jedi". Au même moment, je rencontrais Olivia Ruiz en résidence à Perpignan pour La Femme Chocolat
Enfin, l'appothéose dirais-je, c'est ma découverte d'Emily Loizeau ... quand j'ai reçu son album "L'Autre bout du monde" au bureau ... j'étais sonnée ! Coup de foudre absolu ...  ... si je dois être un jour taxée de fan ... c'est d'elle ! (et de Tiken Jah Fakoly ... mais on change littéralement de registre ...)
Imaginez mon état quand j'ai appris la naissance, la création de la Mécanique du coeur ! J'ai juste halluciné sur les artistes impliqués dans l'aventure ... Je n'ai pas été déçue ... encore moins par le film, tout y est réuni : le talent, l'imagination, l'onirisme (que j'avais déjà dégusté dans Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi), le lyrisme et ... l'humanisme ! Ca tombe bien puisque tous les artistes présents représentent à mes yeux cette valeur essentielle ...

mercredi 5 février 2014

Etre Mère #93 ... à petits pas de loup ...

Être Mère c'est développer une ouïe infaillible ... pour détecter sa fille ... la plus jeune de surcroît ... qui se lève toutes les nuits de son lit ...

Ting ting ting ting ... pause .... Ting ting ting ting ... pause ... Ting ting ting ting 
copyright Le Père castor

Nous vivons depuis 3 semaines les premiers dommages collatéraux de l'acquisition du lit superposé ...
C'était couru d'avance ... Bouchon peut se lever ... Bouchon met le dawa dans sa chambre persuadée que depuis le salon on le l'entend pas marcher au-dessus de notre tête ! Pimprenelle s'endort comme une masse en une minute alors qu'on peut monter 3-4 fois d'affilé pour recoucher Bouchon ... un Bouchon qui peut se lancer à 9h du soir dans une partie effrénée de Playmobils ou je ne sais quoi d'autre ! Même dans le noir ça ne lui fait pas peur ! Quelles que soient les conditions il est toujours bon de jouer ... 
Oh grand malheur le lendemain matin quand il faut partir à l'école ... Bouchon est décalquée ... les yeux au-milieu de la figure ! Pour l'instant on a encore une bonne liste en stock de menaces pour la faire rester au lit mais pour combien de temps encore ? je vous l'demande ! 

Ting ting ting ting ... pause .... Ting ting ting ting ... pause ... Ting ting ting ting 

J'avoue tout de même que lorsque le matin j'entends ces petits pas de loup se diriger vers notre chambre ... à ce moment je change de ton et je fonds ! 
Bouchon vient nous rejoindre dans le lit pour ne pas réveiller sa soeur qui écrase encore et toujours ... ce petit pas sourd, ce petit "ting ting ting" je l'aime dans la hâte qu'il se rapproche pour prendre ma dose quotidienne de concentré d'amour !