vendredi 21 septembre 2012

Mère saisonnière ou "Thénardière" ?

Une fois de plus je remercie mon fidèle Marie-Claire d'exister ...

Hormis le fait qu'il empeste le dernier Lancôme à m'entêter ... le numéro du mois d'octobre m'a surtout aidée à prendre du recul ... sans pour autant me donner les solutions ou les réponses à mes questions.

Je vous explique :

Babidji a plutôt déserté la toile ces derniers mois ... mais pas que ... Babidji a aussi délaissé ses gosses ... saison oblige ... entre boutique et marchés, les progénitures ont immigré tout l'été chez leur mère-grand.
Jusqu'à présent ça ne se passait pas trop mal même si la saison 2011 laissait présager du pire quant aux réactions de Pimprenelle. Cette année ma grande fille n'a pas supporté. Plus possible de prendre sur elle, le manque de ses parents étant trop difficile à gérer. Je vous passe les détails ... en condensé ça donne une enfant qui passe sans cesse du rire aux larmes et surtout qui devient insupportable et surexcitée : symptômes évidents de son anxiété.
Alors que faire ? Nous avons beau passer une heure tous les soirs pour la coucher, nous avons beau lui programmer visites et sorties, elle a beau vivre chez sa Mamie Chérie ... rien n'y fait ... rien ne remplace un Papa et une Maman. 
Il ne faut pas oublier que la boutique est ouverte 7/7j depuis Pâques. Cela signifie plus aucune journée à 4 (les petits déj. et les dîners tout de même), juste en alternance : un coup c'est Papa, un coup c'est Maman pour inévitablement aboutir au mois de juillet ou ce n'est plus aucun des 2.
Du côté du Bouchon, ça donne un bébé encore trop petit pour s'exprimer, un bébé qui n'a pas encore notion de l'espace temps, un bébé quand même qui ne s'endort qu'en pleurant et qui se réveille plusieurs fois par nuit.
Pour les parents la situation est complexe ... le manque évident ... meurtris par la tristesse de leur aînée ... et, une mère qui se fait appeler "Mamie" par des gamines habituées au mode grand-mère depuis 2 mois.

Que faire ? là est la question ! 

Si nous avons ouvert une boutique ce n'est pas spécialement à des fins d'expansion commerciale incroyables, ni l'envie de créer une multinationale ... juste le résultat d'un slogan qui pourtant n'a jamais été scandé auparavant : travailler 2 fois plus pour gagner comme avant ! 
Ce choix ce n'est pas encore une question de survie mais juste le souhait de vivre normalement ... de ne pas finir tous les mois à découvert et parfois pouvoir s'offrir quelques extras comme des cours de zumba !
Pas de décapotable ni de chaussures de grands couturiers en ligne de mire ... ce n'est pas vraiment l'objectif des prochaines années.

Je ne peux m'empêcher de faire résonner les paroles de quelques unes de mes collègues saisonnières tout secteur confondu : "les gamins de saisonniers finissent tous chez le pédopsy, les gamins de saisonnier sont stressés, les gamins de saisonnier ont du mal à dormir ..."
Je ne peux m'empêcher de faire résonner les paroles de ma mère : "c'est bien beau de les emmener aux Seychelles vos gamines, mais à choisir elles préfereraient des parents présents, et tu ne peux pas te trouver un boulot avec tes diplômes ?"

Je réitère la question : que faire ?

Trouver un boulot ... hmmm hmmm certes ... chercher peut-être mais trouver vu le contexte général ça relève du challenge ...
Diplômes certes ... mais n'étant ni ingénieur, ni grand professeur en chirurgie neurologique je ne fais pas plus le poids face aux autres candidats.

Et d'abord la vraie question est la suivante, celle qui me taraude tant : "est-ce que mes gosses vivraient mieux le rythme d'une mère qui rentre à 18h voire plus tard tous les soirs, qui a 5 semaines de vacances par an et qui passe ses WE à faire le ménage et les courses (oui j'exagère ...) ? Est-ce une vie bien rythmée qui fait le bonheur d'un enfant ?"
Pas la peine de me proposer de rester à la maison : 1èrement je n'en ai pas les moyens - 2èmement je n'en ai absolument pas l'envie ... rien que d'y penser je dépéris ! J'ai besoin de travailler, c'est inéluctable ... une chose dont je suis sure c'est que l'épanouissement parental influe sur l'épanouissement familial et en ce qui me concerne ça passe par un job.

Oui mais ? Quel travail ? Faut-il que j'impose de tels sacrifices à mes filles ? Faut-il que je me punisse de ne pas les voir grandir presque 3 mois par an ? 

C'est la qu'intervient Marie-Claire ... vous l'aviez oubliée n'est-ce pas ? La lecture de cette enquête m'a apporté une grosse bouffée d'air. Non pas que je me délecte dans le constat du "pire que moi" ... mais que je prenne conscience que nous sommes des tas de professions à ne pas entrer dans le moule. Et si j'étais encore journaliste radio à faire des matinales, ne serait-ce pas pire encore ? Une mère déconfite au rythme décalé ... pas terrible le tableau ... tout du moins pas mieux.
J'ai un autre atout de taille : je suis tout sauf solo, l'Homme et moi formons un beau duo ... les filles ont déjà la chance d'avoir leurs parents sous le même toit ... certes en alternance entre le boulot et les voyages pro ...

Grâce au reportage, j'y vois un peu plus clair sans pour autant réussir à me débarrasser du poids de la culpabilité : celui de me sentir 'Thénardière' !
(cliquez sur les images pour agrandir et lire)

16 commentaires:

  1. tu n'es pas une mauvaise mère! la vie fait que vous n'avez pas le choix de travailler autrement!
    tes enfants sont petites encore, c'est normal qu'elles soient perturbées par vos horaires. elles vous voient peu, mais vous voient quand-même.
    parler est essentiel, leur expliquer, même à la plus jeune
    mais je pense que tu le fais déjà
    elles doivent sentir très fort votre amour, ne pas prendre leur temps chez leur gd mère comme un abandon.
    et le coup du "ts les gosses de saisonnier finissent chez le psy", il faut arrêter les généralités.
    je ne suis pas saisonnière et ma gosse y a "fini". et franchement, pour ce que ça a donné...

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  2. j'en suis sure que tu es tout sauf une mauvaise mère ! et pis tu sais, moi j'ai beau avoir un travail plus "normal" la semaine je vois guère mes fils... le matin au moment du petit déj et le soir au moment du diner, on court tout le temps et eux aussi m'appellent de temps en temps mémé, vu que ma mère les gère quand même beaucoup !
    sinon j'suis pas saisonnière, mais mes gosses sont allés les 2 chez la psy ! en même temps, j'me dis qu'il vaut mieux gérer maintenant les problèmes plutôt que de traîner des casseroles plus grand... ce n'est pas une tare d'aller chez la psy ;-)
    tu fais de ton mieux, tu es une mère aimante, tu prends soin d'elle et tu ne les abandonnes nullement ! c'est bien là l'essentiel :)
    gros bisous

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  3. Ton billet est touchant, et on voit bien la difficulté que tu as à choisir, si vraiment choix il doit y avoir. En tous cas on sent que tu te préoccupes de tes filles, ce qui est le principal. N'écoute pas les commentaires et conseils déplacés, même s'il viennent de tes proches. C'est à toi et ton homme de faire votre choix de vie, n'en déplaise aux autres. Et comme tu dis, si tu es épanouie dans ton job, quel qu'il soit, ça rejaillit sur tes enfants !

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  4. Tu es loin d'être une mauvaise mère. Je ne suis pas saisonnière et pourtant, j'ai laissé ma fille un mois entier chez mes parents sur le continent, sans la voir ne serait-ce que 5 minutes pendant ces longues semaines. Et le reste de l'année, elle était à la crèche 10h par jour.

    Tu te fais du souci pour elles, tu vois leur souffrance, tu essaies de faire au mieux. Et comme tu le dis, tes filles seront plus heureuses si tu travailles et est épanouie que si tu restes à la maison. Après, reste à savoir ce qui te convient le mieux comme travail

    Bises et bon courage

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  5. Moi je pense qu'il faut le clamer Haut et Fort: 10 coups de martinet pour Babidji!! trêve de plaisanterie, ça à l'air d'être une sacrée organisation!!
    Pour moi ça a été un choix de rester à la maison, mais c'est vrai que j'ai une amie qui ne supportait pas cette idée, elle avait l'impression d'étouffée...Je crois que si tu arrives à te sentir bien dans tes baskets (même si parfois elles sont un peu serrées), tes filles ne peuvent qu'aller bien aussi. Et puis, le temps où tu es avec elles, tu le vis à 100%...Moi j'avoue que même si je suis toute la journée à la maison, je ne suis pas 100% présente avec eux, besoin de m'évader un peu sur l'ordi et de gérer aussi toute la maison!

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  6. Ton billet est très touchant.
    Quelle que soit notre vie, on a tous des inquiétudes à propos de nos loulous. On se demande toujours comment l'on pourrait faire pour les aider encore plus, on culpabilise... Mais au final, je pense qu'il est important de se recentrer sur les aspects positifs, et il y en a bien évidemment beaucoup, tant dans ta situation familiale que dans d'autres. Rien n'est jamais parfait, mais on voit à quel point tu es une Maman soucieuse du bien-être de tes enfants. Je suis certaine que ces phases difficiles vont laisser la place à d'autres bien plus agréables. Il y a des cycles plus durs que d'autres. Tu y es très attentive et je pense que votre famille soudée est un facteur très positif qui laisse envisager de beaux jours à venir !
    Courage,
    Nathalie

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  7. Roh ma belle, tes mots, ton inquiétude me peinent. Je suis adepte de la qualité du temps passé avec les enfants si la quantité n'est pas possible. Après tout, ils parlent du Père Noël à tout casser 30 jours par an et pourtant ils l'adorent...
    Bon courage à toi et à ta jolie famille

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  8. arfff un sacré dilemme le travail ou la famille ! j'en viens souvent à me dire que l'on devrait partir vivre en Europe du Nord, en Norvège ou en Suède, ou la famille occupe une place plus importante dans la société et où des choses sont aménagées pour faciliter la gestion travail/enfants.
    la solution miracle n'existe pas. moi je m'oriente sur du travail à domicile, de la prestation de services (comptable), et tente de devenir mon propre patron (à la fin de mon congés parental). L'objectif étant de calquer mon activité sur les horaires scolaires, pour toujours pouvoir gérer les Cahuètes au mieux. Financièrement ça n'ira peut-être pas au-delà du smic gagné en tant qu'employée dans un grand magasin culturel, le stress en moins, les horaires à la con en moins et surtout les trajets en moins...! bref pour l'instant tout semble tout beau tout rose, mais ce n'est encore que de l'abstrait !
    bon courage à toi et tes puces...

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  9. Rien que le fait que tu te poses la question indique que tu n'es pas une "mauvaise" mère (y en existe-t'il seulement !). Mais le point essentiel est que si tu leur offrais comme tu dis, ta présence le soir et les week-ends - entre courses, ménage et tentative de repos, te sentirais-tu épanouie en tant que femme, assez épanouie en tout cas pour te consacrer à tes enfants sans rancoeur, regret ou autre ?
    Perso, je travaille de nuit, dans un métier qui m'apporte énormément de gratifications et de richesse intérieure. Et donc, même si c'est un rythme difficile, pour moi, mon conjoint et nos 5 enfants, je suis assez comblée individuellement pour offrir une présence entière et sereine à ma famille lors de mes temps de repos !
    Bon courage !

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  10. Exceptionnellement les filles je vais vous faire une réponse globale car de mon téléphone je lutte un peu bcp pour écrire ! Tout d'abord merci bcp pour vos gentils messages ... ensuite qd je disais que les copines saisonnières parlaient de pédopsychiatre ce n'était pas pour voir tout mal mais oarce qu'elles mêmes en ont fait les frais avec leurs propres enfants ... ce n'est pas pour autant que c'est une obligation, fort heureusement ! En conclusion : le modèle parfait n'existe pas ... Essayons de prendre le dessus de la culpabilité même si c'est plus facile à dire qu'à faire !

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  11. Comme je comprends toutes les questions que tu te poses. On a tellement envie de faire au mieux de nos possibilités pour nos gosses. Mais il faut admettre que ça relève de la gageure.
    En se serrant la ceinture, j'ai permis à ma Sucrette de m'avoir à demeure pendant 1 an(oui, je dois admettre que moi aussi ça me convenait parfaitement; mon enfance pas très heureuse m'a donné le besoin de vouloir "donner" un max à ma gamine au moins pendant cette première année) Mais là je dois retourner taffer et j'angoisse un max. Certes je n'ai pas encore trouvé mais je fais ce qu'il faut pour que ça marcher et j'ai confiance pour ça. Mais même si c'est loin d'être dans la poche, je suis déjà en mode angoisse totale pour ma gamine. Il va falloir que je prenne sur moi pour ne pas lui filer mes propres craintes...
    En tout cas, comme tu l'indiques vous faites au mieux et je suis sûre qu'une maman qui rentre tard et qui a juste le temps de donner un bisou tous les soirs c'est loin d'être mieux...

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    1. et oui on voudrait être parfaite mais il faut bien se rentrer dans le ciboulot que ce n'est pas possible !!!

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  12. Juste un petit mot pour dire combien je suis contente de lire à nouveau les petits articles de Babidji...Tjrs si bien écrits, et tjrs criants de vérité....

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  13. Je suis fille de restaurateur. Du coup, mon père je ne le voyais que le dimanche de 11h à 20h... ça ne me pesait pas du tout (heureusement ma mère était mère au foyer) mais clairement cela nous a éloignés... Depuis qu'il est à la retraite, nous nous redécouvrons ! Donc oui, il y a pire que saisonnier... Courage en tout cas pour cette "haute saison" ! ET comme on fit souvent : c'est la qualité du temps passé avec els enfants qui compte pas la quantité ! Mais y a une limite de quantité quand même ;-) ... je ne sais juste pas où !

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    1. il est bien là le souci, trouver le juste milieu mais je crois que la quantité n'est pas suffisante à en croire ma pépette !

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